Le jour où t'as pris la fuite

L’histoire suivante relate une agression du point de vue de la petite merde transphobe qui s’en est pris à une meuf trans plus courageuse que lui. Attends-toi à lire des injures sexistes, homophobes et transphobes ainsi qu’à lire la description de violence physique. Peut-être commence pas par lire ça si c’est le premier truc que tu fais de la journée.


Tu te souviens comme t'étais peinard dans ton bus ? Il était genre 18h et tu revenais de l'entraînement. T'avais ton plus bel ensemble de jogging, tu t'étais mis à l'aise à côté de cette petite vieille qui était visiblement impressionnée par ta présence. Elle se recroquevillait contre la vitre alors que toi t'avais posé ton bras sur l'arrière de son siège en t'étirant. De l'autre côté t'avais carrément posé ta jambe sur le siège de l'autre côté de la travée. À l'aise.

T'entendais les deux pédés derrière toi parler de manspreading avec un air outré. Tu savais pas bien que ce que ça voulait dire même si t'avais déjà entendu tes potes se moquer de salopes de féministes en parlant de ça. Ça te faisait rire intérieurement. Peut-être t'allais exagérer encore un peu pour leur montrer que t'en avais rien à foutre. T'allais pas non plus te faire expliquer la vie par des tapettes.

D'ailleurs ils venaient juste de presser le bouton d'arrêt et de se lever pour sortir. C'est marrant comme c'est fragile les enculés, si ça se trouve ils voulaient juste se barrer de ton bus parce qu'ils ont eu peur de toi. Quand le bus s'est arrêté par contre ils ont poussés ta jambe pour passer la porte. Ces connards ont osé te forcer à bouger alors qu'ils auraient pu passer par la porte arrière.

T'avais à peine remis ta jambe en place que t'as vu le rouquin avec sa coupe de tarlouze te regarder dans les yeux. T'as vu son sourire de merde, comme si il te prenait de haut. T'as regardé sa main et là t'as vu.

A woman giving the finger (Photo by Oleg Ivanov on Unsplash)

Putain. Pour qui il se prenait avec ses fringues de meuf sur le dos. Te manquer de respect comme ça. T'as eu une montée d'adrénaline. Fallait que tu fasses un truc, alors tu t'es jeté contre la porte du bus avant qu'elle se ferme et t'as sauté sur le trottoir.

De quel côté ils sont partis les fils de pute ? Vers l'arrière. Là-bas !Bordel de feu rouge piéton à la con. Saloperie de bagnole qui a failli t'écraser. T'as traversé le carrefour en courant pour les rattraper ces sales merdes.

– J'peux savoir à qui t'as fait un doigt là ? Pour qui tu te prends ?
– Ben à toi qui d'autre ?

Il avait vraiment l'air d'une meuf cet enculé mais sa voix faisait trop bonhomme pour te tromper. Il avait même pas l'air d'avoir peur contrairement au nabot qui tremblait à côté de lui.

– Tu sais qui j'suis moi ? J'connais l'quartier fils de pute, j'sais ou t'habites, tu vas voir j'ramène mes potes et…
– Lol t'as besoin de tes potes pour faire ça ? T'es pas assez grand pour faire ça tout seul ? C'te courage.

Il continuait à avancer sans même te regarder. Comme si t'étais insignifiant. Fallait pas que tu te laisses démonter. Fallait que tu lui montres que t'es un mec. Un vrai mec. Pas une tafiole comme lui qui passe son temps à sucer des bites en se faisant défoncer le cul par d'autres pédés.

Un truc putain. FAIS UN TRUC. LE LAISSE PAS SE BARRER COMME ÇA PUTAIN.

C'est là que t'as senti que ça dérapait. Quand tu lui as mis un coup dans la capuche il s'est retourné en te regardant droit dans les yeux. Et il s'est collé à toi jusqu'à avoir son visage à dix centimètres du tien.

– Et moi tu sais qui je suis moi ? Non tu sais pas hein. Si tu savais t'aurais pas fait ce que tu viens de faire.

De quoi elle parlait la tafiole ? T'avais fait un pas en arrière mais elle était revenue se coller à toi en continuant à causer.

– Tu sais pas qui je suis alors tu me touches pas. Et t'arrête de monopoliser l'espace dans le bus. Casse-toi maintenant sinon…
– Sinon quoi ?

Merde. Ta voix était moins assurée que t'aurais voulu. Mais ça devait le faire. Même si t'avais encore reculé d'un pas sans faire gaffe. Et qu'il était encore revenu se foutre contre toi.

– Sinon j'te met la misère. J'te baisse ton froc de merde, j'te fout par terre et je t'arrache la bite avec les dents.

Quoi ?? C'est quoi ce délire putain ?? C'est là que t'as perdu pieds. T'as pas réussi à continuer de le regarder dans les yeux. Tu les as vaguement posés sur son copain avant de lui demander « Parce qu'il est pédé en plus ? »

– HO. C'est là que ça se passe. C'est ça que tu veux ? Te faire bouffer la bite dans une rue déserte ?
– Ben vas-y fais le.

Ouais c'était bien ça. T'as niqué son bluff d'un coup. Mais fallait que tu te sorte de là parce qu'il avait l'air bien taré cet enculé. Si ça se trouve il bluffait pas. Du coup t'as fait comme ton grand frère t'a dit. Sans lui laisser le temps t'as pris une grande inspiration, tu lui as craché tout ce que t'avais dans la bouche à la gueule et avant qu'il se remette de la surprise tu lui as mis une baffe.

Ensuite t'as couru. Peut-être tu l'as entendu s'exclamer « Putain » mais en tout cas t'étais sûr qu'il était sur tes talons. Alors t'as couru plus vite.

Tu t'es retourné qu'au bout de la rue, quand t'as été sûr qu'il y avait plus que toi qui courait.

Et tu l'as entendu te crier : « Tu le raconteras à tes potes hein ? Que t'as couru comme jamais pour fuir un travelo qui voulait t'arracher la bite avec ses dents ? »